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Chapitre 6 : L’INVESTISSEMENT
I. Les investissements des entreprises :
1) Investissement matériel (corporel) :
Il désigne l’acquisition de biens durables, utilisés pendant plusieurs cycles de productions. Ce son essentiellement des bâtiments et des machines, ce qui correspond au capital fixe. Ces bâtiments et machines subissent une dépréciation chaque années en raison de leur usure ou de leur obsolescence. Pour les renouveler, l’entreprise met de l’argent de coté chaque année, c’est la dotation aux amortissements. Cette dotation correspond aux consommations de capital fixe.
2) Investissement immatériel (incorporel) :
Il correspond aux dépenses de l’entreprise en recherche et développement (R&D), aux dépenses de formations, de publicité ou encore l’achat de brevet ou l’acquisition de logiciel. Il représente près de 30% de l’investissement total.
3) Les 3 sortes d’investissement matériel :
¨ L’investissement de capacité : La capacité de production de l’entreprise correspond au volume de la production qu’une entreprise peut réaliser en un moment donné. L’entreprise augmente sa capacité de production grâce à l’acquisition de nouvelles machines. Produire plus grâce à une machine en plus.
¨ L’investissement de productivité : Il permet à l’entreprise de réaliser des gains de productivité. Produire plus grâce à un remplacement de machine ou produire plus avec moins de machine.
¨ L’investissement de remplacement : L’entreprise acquiert une machine neuve pour remplacer une machine usée (pas d’augmentation de production).
II.
C’est un agrégat de la comptabilité nationale, elle est calculée :
FBCR = investissements matériels des entreprises + acquisition de logiciels + investissement des ménages + investissements publiques (réalisation d’équipements collectifs et d’infrastructures).
C’est l’investissement réalisé en France par les entreprises, les ménages et l’état.
Taux d’investissement d’une économie = ( FBCF / PIB ) x 100
III. Les infrastructures de l’investissement depuis les années 80 :
1) Le développement des investissements immatériels :
Dans les années 70, l’investissement immatériel représentait 15 à 20% de l’investissement total, aujourd’hui il représente le tiers. Il est composé à 1/3 pour la publicité, 1/3 pour la recherche et développement et 1/3 pour l’acquisition de logiciel.
2) Le développement des investissements de productivité :
En période de récession, les entreprises ont peu besoin de développer leur capacité de production mais elles cherchent à réduire leur coût moyen, pour cela, elles vont rechercher à réaliser des gains de productivité. On les obtient en ayant des machines plus récentes.
3) La réalisation d’investissements de portefeuille (placements financiers) :
Ils recensent les acquisitions d’actions, d’obligations, de bons de toutes sortes, produits dérivés. L’acquisition d’actions ne doit pas dépasser 10% du capital social de l’entreprise (sinon cela devient une prise de participation). Ces investissements de portefeuille ont augmenté grâce à la désintermédiation financière et du développement du marché des capitaux survenue au milieu des années 80, mais aussi de taux d’intérêt qui rémunèrent ces placements plus élevé que le taux de rentabilité des investissements (années 90).
4) Le développement des IDE (investissements directs à l’étranger) :
Ils correspondent à l’achat ou à la création d’entreprise à l’étranger ou à la prise de participation dans le capital d’une entreprise située à l’étranger (entre pays riches). Ces investissements ont augmenté pendant les années 90.
5) Les fusions acquisitions (ce n’est pas un investissement) :
Elles ont énormément augmenté à la fin des années 90 (année importante 1998), ces fusions ont principalement concerné des mouvements de croissance horizontale.
IV. Le financement de l’investissement :
1) Le financement de l’économie :
Investissement intermédié ou désintermédié. Lorsque la banque joue le rôle d’intermédiaire financier entre les agents économique, il s’agit d’une intermédiation financière. La banque est l’intermédiaire financier, elle met en relation les agents qui ont une capacité de financement avec ceux qui ont besoin de financement.
L’épargne des uns sert à financer les autres. La variable essentielle est le taux d’intérêt. Jusqu’au début des années 80, le financement des économies était intermédié (économie d’endettement). Depuis les années 80, on assiste au développement de la désintermédiation financière (économie de marché financier). Le rôle des banques a diminué, le rôle du marché des capitaux s’est accru. L’épargne des uns sert à financer les autres.
Marché des capitaux | Marché financier | Marché primaire : nouveaux titres (actions et obligations). |
Marché secondaire : a bourse (actions et obligations). | ||
MATIF (produits dérivés : contrats) (1986). Marché à terme international de France. | ||
MONEP (options) (1987). Marché des options négociables de Paris. | ||
Marché monétaire | Marché interbancaire (échange de monnaie fiduciaire). Marché réservé aux banques. | |
Marché des titres de créances négociables (aussi appelé Marché monétaire). Ce marché est accessible à tous les agents économiques. L’Etat émet des bons du trésor négociables. Les entreprises émettent des billets de trésorerie. Les banques émettent des certificats de dépôt. Sur ce marché, le taux d’intérêt résulte de la confrontation de l’offre et de la demande. Le taux d’intérêt n’est donc pas administré par la BCE. |
Les agents qui ont besoin de financement émettent des produits financiers sur le marché des capitaux. Les agents qui ont une capacité de financement achètent ces produits immobiliers, ils sont rémunérés par le taux d’intérêt. Le taux d’intérêt résulte de la confrontation de l’offre et de la demande sur ce marché. L’intérêt de la désintermédiation est que les entreprises sont moins dépendantes des banques et de leur taux d’intérêts.
2) Les différents modes de financements des entreprises :
A) Financement interne :
Financement de l’investissement à partir des ressources propres de l’entreprise.
Taux d’autofinancement = (CAF / FBCF) x 100
Cela correspond à la part des investissements autofinancés que l’entreprise peut autofinancer. S’il est supérieur ou égale à 100%, l’entreprise est capable de s’autofinancer, s’il est inférieur à 100%, l’entreprise a besoin d’un financement.
B) Financement externe intermédié :
Il passe par la banque et elle va accorder en grande partie des crédits. Dans ce cas, l’entreprise est endettée et doit payer à la banque des intérêts et rembourser le capital emprunté. Le taux d’intérêt irrite ou non les entreprises selon le niveau du taux.
C) Financement externe désintermédié :
Les entreprises émettent des titres sur le marché des capitaux. Le taux d’intérêt et la situation des marchés animent cela :
Financement interne | Entreprise | Autofinancement | L’entreprise n’est pas endettée |
Financement externe intermédié | Banque | Crédit | L’entreprise est endettée |
Financement externe désintermédié | Marché des capitaux Marché des capitaux | Emission de titres Emission d’action | L’entreprise est endettée L’entreprise n’est pas endettée |
3) L’évolution du financement de l’investissement des entreprises :
Périodes | 1970 - 1982 | 1983 – 1987 | 1988 – 1998 | Depuis 1999 |
Caractéristiques | Dégradation du taux de marge. Effet de levier positif de l’endettement. | Restauration du taux de marge. Hausse des taux d’intérêts. Développement du marché des capitaux. | Bonne situation financière des entreprises. Forte CAF. Développement des marchés des capitaux. Taux d’intérêt élevé (le crédit bancaire est découragé). | Dégradation du taux de marge. Baisse de Depuis 2000, dégonflement de la bulle sur les marchés financiers (+ été 2002). Baisse des taux d’intérêt. |
Principal mode de financement | Emprunts bancaires | Autofinancement. Emission de titres sur le marché des capitaux (+ actions). | Autofinancement. Emission de titres. | Emission d’actions. Emission de titres. Emprunts bancaires. |
Endettement | Important. Les entreprises vont passer d’une situation d’endettement à une situation de surendettement. | Les entreprises profitent de la restauration de leur taux de marge pour se désendetter. | Réduit. | En hausse. |
V. Les déterminants de l’investissement :
1) Le profit :
Le profit est à la fois le but et le moyen de l’investissement. Le profit permet de rembourser les emprunts mais aussi d’autofinancer les projets.
Comment une entreprise peut-elle augmenter son profit ?
¨ En augmentant le chiffre d’affaire : La hausse du chiffre d’affaire peut être obtenue en augmentant les prix, cette hausse peut être justifié par une augmentation de la compétitivité structurelle du produit. On peut aussi augmenter les quantités vendues grâce à une meilleure compétitivité prix.
¨ En baissant la part des salariés dans la valeur ajoutée : Pour cela il faut réaliser des investissements de productivité, de substituer le facteur travail par le facteur capital, ou encore délocaliser l’entreprise dans un pays à bas salaires.
¨ En baissant les coûts moyens : Grâce à des gains de productivité, à une délocalisation, à la mécanisation de l’activité, à la baisse des consommations intermédiaires, à une fusion…
2) Le rôle de la demande :
Une entreprise investie, développe sa production si elle a des perspectives de débouchés (si elle pense vendre la production qu’elle a réalisée). La situation du marché détermine aussi le comportement de l’entreprise.
L’accélérateur de Clark (1884-1963, keynésien) : une variation du revenu national entraîne une variation encore plus forte de l’investissement des entreprises. Si le revenu des ménages augmente, les entreprises vont anticiper une hausse de leur demande de biens de consommation. Pour produire d’avantage de biens de consommation, les entreprises vont devoir acquérir des biens d’équipement supplémentaire (investir). Les entreprises qui produisent des machines vont donc elles aussi devoir développer leur production, elles vont donc investir… Clark montre l’effet de l’économie nationale sur l’investissement des entreprises.
3) Le taux d’intérêt :
L’intérêt est la rémunération du capital prêté (% de ce capital), mais aussi la rémunération du capital placé, on dit que le taux d’intérêt est le loyer de l’argent, le prix de l’argent.
Les taux d’intérêts sur les marché des capitaux : ils sont déterminés par l’offre et la demande de titres. Un taux d’intérêt élevé décourage l’investissement et un taux d’intérêt faible l’encourage. Lorsque le taux d’intérêt est élevé, l’endettement coûte cher et l’entreprise n’est pas incitée à s’endetter pour investir.
Il existe d’autres déterminants à l’investissement comme le niveau d’endettement de l’entreprise, le taux d’utilisation des capacités de production, la rémunération des placements financiers, les décisions prisent par l’état…
VI. L’évolution de l’investissement depuis 1970 :
VII. Les conséquences de l’investissement sur l’économie (le jeu multiplicateur) :
J.M Keynes (1883-1946). Une augmentation initiale de l’investissement entraîne grâce au jeu multiplicateur une augmentation nationale par vague successive. A terme, l’augmentation du revenu nationale est égale à :
PMC = proportion moyenne à consommer, il représente la part du revenu consacré à consommer.
pmc = proportion marginale à consommer, il correspond au supplément de consommation permis par un supplément de revenu.
pmc = variation de la consommation / variation des revenus
PMS = proportion moyenne à épargner.
PMC + PMS = 100% des revenus
Variation des revenus = variation des investissements / (1 – pmc)
Politique économique : Pour relancer l’économie, faut-il mieux augmenter le revenu des ménage les plus pauvre ou augmenter le revenu des plus riches ? La pmc des pauvres est plus élevée que la pmc des riches. Vaut mieux donc élever les revenus des pauvres car ils ont tendance à plus consommer que les riches car ils épargnent.
Hypothèse 1 : pmc = PMC = 0.8
Variation des investissements = + 100 € Revenus 1 = + 100 =>consommation + 80
=>épargne + 20
Revenus 2 = + 80 =>consommation + 64
=>épargne + 16
Revenus 3 = + 64 =>consommation + 51.2
=>épargne + 12.8
Revenus 4 = +51.2 =>consommation +40.96
=>épargne +10.24
Revenus…
Variation des revenus = 100 x (1 / (1-0.8)) = 500.
On aura injecté 100 € dans l’économie, et au final 500 € apparaîtront dans l’économie nationale.
Hypothèse 2 : investissement = + 100 € ; pmc = 0.9.
Variation des revenus = 100 x (1 / (1-0.9)) = 1000.
On aura injecté 100 € dans l’économie, et au final 1000 € apparaîtront dans l’économie nationale.
Hypothèse 3 : investissement = + 100 € ; pmc = 0.5.
Variation des revenus = 100 x (1 / (1-0.5)) = 200.
On aura injecté 100 € dans l’économie, et au final 200 € apparaîtront dans l’économie nationale.
Les investissements augmentent de 100 €, ces investissements correspondent à des achats de biens d’équipement par les entreprises. Les entreprises qui leur ont vendu les biens d’équipement perçoivent un revenu, avec ce revenu elles vont payer leurs salariés, leurs fournisseurs, leurs créanciers… Tous ces agents économiques vont consommer et épargner ces revenus. Quand ils consomment, leurs dépenses se transforment en revenus pour ceux auxquels ils ont acheté des biens… L’augmentation des revenus permise par l’investissement initial n’est donc pas seulement de 100 € mais de 100 + 80 + 64 … (hypothèse 1).
A terme, l’augmentation de revenu par l’investissement initial est égale à :
∆ R = ∆ I x (1 / (1-pmc))
L’augmentation des revenus est d’autant plus forte que la proportion à consommer des ménages est élevée.