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L'évolution vers la monnaie unique
Serpent Monétaire Européen ( Accords de Bâle 12/04/1972 - application Mai 1972) avait été une réponse à l'élargissement des marges de fluctuation du SMI à l'issue des Accords du Smithsonian Institute du 18/12/1971 (voir fin du cours sur le système monétaire international)
L'échec du Serpent a conduit les autorités à mettre en place un nouveau système : le Système Monétaire Européen.
Avec le Système Monétaire Européen, l'Ecu devient le centre du système (Conseil européen de Bruxelles, Décembre 1978 - application Mars 1979).
II - . Les phases de l'UEM (Union Economique et Monétaire)
1 ère phase : Ouverture le 1er Janvier 1990. Libéralisation financière et convergence accrue des économies. Le contrôle des changes a été supprimé.
Le Traité de Maastricht, Décembre 1991 fixe les 5 critères de convergence des économies. Les difficultés surviennent surtout pour l'atteinte des objectifs en matière de déficit public et de finances publiques.
¨ Les partisans du NON à cette Europe invoquent largement cette difficulté dans la mesure où une relance nationale serait difficile sans accentuation des déficits budgétaires dans un contexte de récession et de crise économique. Toute relance par la consommation devient impossible dans la mesure où l'on oblige les états à adopter une politique monétaire de rigueur.
¨ Pour les partisans du OUI, cet argument n'emporte pas la condition dans la mesure où les relances Keynésiennes d'aujourd'hui échouent en raison d'une part de l'internationalisation croissante des économies et d'autre part, du fait que les effets d'une relance de la consommation ne seraient que très provisoires et seraient des effectués au détriment de l'épargne donc au détriment des Investissements Productifs.
2 ème phase : A partir du 1 er Janvier 1994, création de l'Institut Monétaire Européen (IME)
Il s'agissait là d'une innovation institutionnelle essentielle. Il ne s'agit que d'un embryon de
Le siège de l'IME ( devenu Banque centrale Européenne par la suite) a été fixé à Francfort.
Les missions de l'IME étaient les suivantes:
- renforcer la coordination des politiques monétaires nationales.
- contrôler le fonctionnement du SME.
- promouvoir le développement de l'Euro.
Décembre 1995 : Le Conseil Européen de Madrid confirme le passage à
Décembre 1996 : Le Conseil Européen de Dublin - signature d'un pacte de stabilité budgétaire et sur un "SME bis" entre les participants et les non-participants à
Janvier 1998 : (prévisionnel) Le Conseil européen déterminera les pays qui satisfont aux critères de convergence sur la base des statistiques de 1997. Le CE lancera la mise en place de
3 ème phase : A partir du 1 er Janvier 1999
· De Janvier 1999 à Janvier 2002 :
- fixation irrévocable des taux de change des monnaies entre elles.
-
- constitution d'une masse critique d'opérations financières en "Euros". (ex. émission de nouveaux emprunts publics en Euros).
· A partir de Janvier 2002
- introduction rapide des nouveaux billets et des nouvelles pièces.
- basculement général vers l'Euro des moyens de paiement bancaires.
La monnaie unique doit permettre de tirer tous les bénéfices de taux de change fixes entre les pays de l'Union que si une coordination des politiques économiques se met en oeuvre et représente une réponse à certaines contradictions observées depuis un certain nombre d'années.
A. Les contradictions internes du marché unique.
Etait-il bien réaliste de permettre une libre circulation des capitaux au sein d'un espace où cohabitaient des monnaies distinctes ? Non, car cela aurait été la porte ouverte à la spéculation.
En effet, ces dernières années, un certain nombre de contradictions avaient été relevées dans le fonctionnement du marché unique dans la mesure ou la conjonction entre la libre circulation des capitaux et un système de changes fixes (SME) avait conduit les états membres à aliéner leur politique monétaire. Ils étaient en effet contraints de suivre la politique menée par l'Allemagne car celle ci jouait le rôle d'ancre du système en tant que 1° puissance économique de l'Union. Finalement, la politique monétaire allemande dictait ses choix à l'ensemble des autres états membres.
Cette situation n'était pas gênante tant que les intérêts des uns et des autres convergeaient comme à la fin des années 80. Mais, il en a été tout autrement, à la fin des années 90.
La création d'une véritable union économique et monétaire représentait une manière de cette situation. En fixant irrévocablement les taux de change entre les pays membres, l'UEM pouvait ainsi fermer la porte à la spéculation entre les pays. Le SEBC ( Système européen de Banques Centrales) communautarise en effet la politique monétaire.
-
- L'Allemagne, compte tenu de sa position dominante était assez peu favorable à la monnaie unique. Si Helmut KHOL a accepté de faire le sacrifice du Mark c'est pour marquer symboliquement l'appartenance de l'Allemagne à l'Union à un moment où la réunification commençait à inquiéter les autres pays. La monnaie unique était à ce titre, autant une affaire politique qu'économique.
Certes la monnaie unique s'inscrivait dans le contexte de la construction d'une Europe libérale mais, elle n'est pas dans son essence même un projet libéral puisqu'elle substitue à la concurrence des monnaies une régulation commune.
C. Avantages et Inconvénients de la monnaie unique
1- Avantages
La monnaie unique apporte tous les avantages des changes fixes en terme de stabilité des échanges commerciaux.
- Elle réduit l'incertitude sur le niveau des prix.
Extrait - Du Marché unique à la monnaie unique : Economie internationale - 4ème trimestre 1999
l’impact sectoriel de l’euro
Fabienne Ilzkovitz
Adriaan Dierx
Le marché unique et la monnaie unique constituent des éléments complémentaires d'une stratégie qui doit permettre à l'Union européenne de mieux faire face aux défis de la globalisation. En effet, l'arrivée de la monnaie unique devrait renforcer certains des effets induits par le programme de réalisation du marché intérieur et permettre ainsi la création d'un véritable marché européen. En particulier, l'introduction de l'euro devrait modifier l'intensité et la nature de la concurrence sur les marchés des produits européens, grâce notamment à la plus grande transparence des prix. Mais, alors que les effets du marché intérieur se sont surtout fait sentir dans certains secteurs industriels qui avaient été protégés de la concurrence par des barrières non tarifaires élevées, l'introduction de l'euro devrait toucher un grand nombre de secteurs .......
- Elle sécurise la rentabilité future des investissements.
- Elle rend sans objet la spéculation.
- Elle permet d'éliminer le coût des opérations de change.
Extrait Les avantages de la stabilité monétaire - Encyclopédie Yahoo
... L'euro fait disparaître entre les pays participants les «risques de change», ainsi nommés pour qualifier l'évolution du taux de change d'une monnaie entre le moment ou l'entreprise conclut un marché et le moment du règlement. Ceci n'est pas négligeable, puisque 70 % des exportations sont réalisées à l'intérieur de l'Union. Par ailleurs, l'euro doit éliminer les conséquences des dévaluations compétitives, telles qu'elles se sont produites en 1992-1993. La dépréciation de la livre, de la lire et de la peseta eut pour conséquence que les produits de ces pays ont vu leurs prix baisser dans les mêmes proportions lorsqu'ils étaient vendus dans les autres pays européens. Ces dévaluations ont donc par la même aggravées la situation de certains secteurs, tel celui de la chaussure en France. .....
2 - Inconvénients
Les bénéfices de la stabilité sont forts mais le coût du renoncement à du taux de change ne doit pas être sous-estimé.
Les pays européens sont encore très hétérogènes. Avec l'Euro, l'espace monétaire européen va être unifié. Le capital va devenir encore plus mobile. Donc les PMA (Pays les Moins Avancés) européens pourront désormais tirer avantage de leurs différences de coûts de main d’œuvre car les risques de change auront disparus.
Mais la concentration probable des sites de production et des centres de décision peut aussi bénéficier aux zones disposant de la main d’œuvre la plus qualifiée et des infrastructures de communication les plus développées.
Les inégalités observées entre régions pourraient se reproduire à l’échelle européenne.
Extrait : Euro : les risques d'inflation
En matière de pouvoir d'achat, le passage à l'euro devrait-il changer quelque chose pour les consommateurs ? Question à Christian Huard, secrétaire général de l'Adéic et Président de ConsoFrance
A court terme (fin 2001-début 2002) les risques d'inflation liés à la mise en place de l'euro sont réels : coût du passage à l'euro pour les entreprises, reformatage des prix, blocage des prix entre le 1er novembre et le 31 mars, déthésaurisation de l'épargne " grise" en monnaie fiduciaire. Cependant la mobilisation des autorités politiques et monétaires sur cet aspect, accompagnée de la vigilance des consommateurs pour sanctionner les abus, devraient permettre de limiter les effets de ces moteurs d'inflation. A moyen et long terme, après avoir digéré les effets sur les comportements des consommateurs et donc sur la croissance, l'euro devrait avoir pour effet une meilleure comparabilité des offres. Si la mise en place d'un espace bancaire européen s'accélère et si le commerce électronique connaît les développements attendus, alors nul doute que l'euro pourra rapidement profiter au citoyen européen.
L'euro aurait dû être la cerise sur le gâteau de la construction européenne. Il constitue maintenant une formidable obligation à l'accélération de l'harmonisation fiscale et réglementaire, et donc à la construction politique, sociale et économique de notre terre Europe.
source : http://www.adeic.asso.fr
Seuls les pays qui ont satisfait aux 5 critères de convergence du Traité de Maastricht pouvaient, en théorie, participer à la monnaie unique. En fait, les critères de convergence posés par le traité de Maastricht n'ont pas été respectés
Aujourd'hui, 12 pays, L'Allemagne, l'Autriche, l'Irlande,
Il faut se replacer dans le contexte de la période.
1er Critère : Le niveau d'inflation d'un pays ne devait pas excéder plus de 1,5 % le taux d'inflation des 3 états membres présentant le taux le plus bas.
C'était en 1996 2,6 %
en 1997 3 %
2ème Critère : Les taux d'intérêt à long terme ne devaient pas excéder plus de 2 % le niveau observé dans les 3 pays membres ayant les meilleurs résultats en ce domaine.
C'était en 1996 9,2 %
3ème Critère : Une appartenance au SME depuis au moins 2 ans sans modification du cours PIVOT.
En 1996, 4 pays ne satisfont pas à cette exigence :
Le Royaume Uni
4ème Critère : Le déficit budgétaire devait être inférieur à 3 % du PIB.
En 1996, seuls 4 pays satisfont cette exigence :
Les Pays Bas
Le Danemark
L'Irlande
Le Luxembourg
5ème Critère : La dette publique devait être inférieure à 60 % du PIB.
En 1996, seuls 3 pays satisfont cette exigence :
Le Luxembourg
Le Royaume Uni
B. La pertinence des critères.
Les 3 premiers critères seulement semblaient pertinents. Pour les 2 autres, ce fut plus discutable.
1er Critère : L'Inflation
Il s'agissait ici d'éviter des différentiels d'inflation trop élevés. Le souci de stabilisation des échanges extérieurs et du maintien d'un niveau de compétitivité intra-européen supposait en effet de ne pas handicaper les exportations des pays à forte tendance inflationniste. Il était donc naturel de n'admettre dans l'Euro que les pays qui font des efforts pour contenir leur niveau d'inflation.
2ème Critère : Les Taux d’intérêt
Les taux reflètent en effet l'inflation future telle qu'elle est anticipée par les prêteurs. Ceux-ci exigent un TI d'autant plus élevé que le risque inflationniste est grand dans la zone.
3ème Critère : Les Taux de Change
Ici, le souci est le même. Le maintien du taux de change traduit la stabilité de la compétitivité d'un pays par rapport à ses partenaires.
4ème et 5ème Critères : Le Déficit Budgétaire et
Ces critères répondaient par contre à un autre souci. Prendre en compte la situation budgétaire des états membres.
Pourquoi ? Parce qu'un état dont la dette s'alourdit est toujours soupçonné de recourir à l'inflation pour alléger ce fardeau.
Si un état pratique un déficit massif alors que les finances de ses partenaires sont équilibrées, le niveau des TI augmentera dans toute la zone Euro. D'où le souci de n'accepter dans l'Euro que les états qui gèrent sagement leurs finances.
Cela dit, les critères retenus étaient fort discutables. En effet, les efforts faits par tous les pays pour respecter les critères plongent aujourd'hui l'Europe dans une stagnation peu favorable à la popularité de l'idée européenne.
Pour beaucoup d'auteurs, cette convergence est passive. Le "Bon Niveau" de déficit est en effet une notion toute relative. Il n'y aurait peut être pas de mal pour un état à s'endetter si les taux sont bas et si les bénéfices tirés du surcroît de dépenses publiques (relance) permettent demain de rembourser la dette.
Il était donc logique, comme le prévoit le traité, de tenir compte également d'une appréciation politique des critères et c'est pourquoi ceux ci ont été considérablement relativisés au moment ou il a fallu déterminer (en Mai 1998) les pays membres de la zone Euro.