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Chose promise, chose due. Voici le premeir texte de l'un de mes élèves, jonathan. Il est sorti d'un bac imprimerie et a eu le courage d'intégrer une section MUC malgré une entreprise difficile pour cela : une petite quincaillerie de quartier.
Aujourd'hui, cet élève en est au stade des encouragements au dernier conseil de classe alors qu'il ne connaissait rien dans les matières commerciales. Cela à force de travail et courage.Je vous mets ici sa prose : elle illustre ce qui passe par la tete d'un élève qui doit se galérer dans les transports en commun. C'est un texte que j'ai trouvé d'une grande sensibilité. N'hésitez pas à y mettre vos commentaires, cela lui fera plaisir .
Un banal jour dans les transports en commun pendant l'hiver ....
Ce fut ce jour là ! Je me doutais que ce bus vert, comme tous les autres aujourd’hui aurait quelque chose de différent. Oui et même de très différent après ce terrible calvaire qu’est l’interminable attente glaciale, sous un piteux abris bus que la mairie a omis de rénover!!
La très longue file d'attente arrivait à sa fin, c'est à dire, à moi. J'étais encore là, car j'avais laissé ma place, épris d'une subite envie de gentillesse à l’égard d’une femme avec son petit. J’avais attendu un remerciement mais il n'était pas venu , un regard critique l'avait remplacé.
Enfin bon…
Monté dans la boîte de conserve débordante qu’était ce bus, calé entre la porte et une énorme femme - avec tellement de sacs dans les mains que ma préoccupation première pendant les trois minutes qui suivirent était de savoir dans quelle position me mettre ou sur quelle vitre j’allais m' écraser lorsque cette charmante dame daignerait sortir- je laissais les arrêts s’enchaîner.
Ils sont si longs ces arrets, on a le temps de penser. Peut être un peut trop d’ailleurs...
Alors en attendant toujours, à côté de cette énorme dame qui m'avait l’air impatiente,je regardais par la fenêtre.Mais dans la pénombre,ces fenetres elles ne font que refléter l’intérieur de cette boite de conserve roulante. Si je regarde bien droit je peux meme me voir, moi. C'est un chouette miroir mais je préférerais voir dehors et ce qui s'y passe.
Ca y est!! La grosse dame sort.OUF ! Je me sens moins compressé maintenant.Instant de détente trop bref
D'un seul coup d'horribles tintements de frein viennent m'agresser les tympans. Le conducteur roule vraiment trop vite et comme une brute.
Tiens, quand meme, c’est incroyable quand on y pense: ils ont la vie d’un bon nombre de personnes entre les mains.Et ils se croient à Monaco... Oui c’est incroyable !
Ca y est, j’ai réussi à me trouver un coin entre un sac de voyage et une vielle dame qui a l’air de regarder le mec d’en face comme s' il lui avait déjà piqué son sac à mais. Ce sac, elle le tient, non elle l'aggrippe avec les griffes de fer que sont ses doigts maigres et désarticulés. Et moi j’attends.... Oui j’attends la fin de mon périple. Encore pas mal de temps avant la fin de l'hiver. Il est long cette année!!
Ah on arrive presque. Je commence à anticiper ma sortie. La possibilité de prendre mes clés dans mon sac est du domaine du rêve, face au peu de place dont je dispose. En effet, je ne voudrais surtout pas déranger la vieille dame..Des fois qu'elle m'agresse!! Bon tant pis, on verra en bas.
Je la regarde quand meme cette vieille.Elle a l'air de rever. A quoi ? Si ça se trouve, elle pense à la somme d’argent qu’elle pourrait donner à ses petits enfants qui viendront la voir pendant les vacances. Toujours agréable cet argent en plus surtout quand on est en alternance.
Mon habitation en vue, l’arrêt est proche. A deux mètres bien tassés de la sortie, je parviens tout de même à me retirer de la boîte de conserve verte qui aura le mérite de porter à son actif la responsabilité de mon mal de cœur.
Et l’épuisement d’un curieux personnage, ce chauffeur, placé à l’extrémité des portes, et qui devait à chaque arrêt suivre leurs battements.
Son humeur n’était peut -être pas au beau fixe ce soir là. Y a des jours comme ça...euhh !
Bon, après toute cette morosité, je vais m'écrire une phrase qui servira de dédicace à tous ceux qui comme moi empruntent ces bons vieux transports en commun. Elle ne veut pas dire grand chose mais elle me fait rever
C'est :
Mais qu’importe !que la vieillesse nous emporte, et nos rêves si proches pour que l’on puisse les toucher.
Un texte qui ressemble aux proèmes dans le métro..
Jonathan DOLHEN