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Inscrit le: 20 Juil 2004
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Voici le texte (un peu long...) :
Il est évident que ces avancées spectaculaires de la biologie ne sont
pas neutres - comm rien n'est neutre dans toute science. Bien que les
problèmes soulevés parles diverses méthodes destinées à obtenir les
"enfants de la science" soient différents dasn leurs conséquences et
dans leur évolution, tous suscitent des interrogations éthiques et
sociales.
Les médecins et les biologistes qui sont directement impliqués dans ces
techniques, mêm s'ils sont conscients et heureux de rendre d'immenses
services à des milliers de couples stériles, se posent, malgré cela,
beaucoup de questions sur le sens de leur démarche et sur les
motivations de leurs patients.
Ces techniques révolutionnaires ont pour unique objet de satisfaire le
désir d'enfant qui tenaille les couples stériles, que l'adoption ne
satisfait pas, dans la mesure où le nombre des enfants proposés est
faible et l'attente insupportablement longue pour l'impatience des
parents.
Ce désir d'enfant a de quoi inquiéter, surtout par la vigueur avec
laquelle, depuis quelques années, il surgit et s'amplifie. Comme si,
après avoir voulu et obtenu de pouvoir faire l'amour sans risquer
l'enfant non souhaité, après avoir acquis cette liberté jugée si
importante, les couples découvraient soudain l'exigence inverse : avoir
tout de suite, sans attendre, l'enfant dont le désir apparaît soudain.
C'est de ce désir d'enfant, puissant, violent, que les couples
interpellent désormais la médecine et la biologie, au point de
favoriser, de justifier parfois, des solutions extrêmes dont beaucoup
sont pourtant mal acceptées par l'opinion générale.
C'en est au point qu'il faut se poser des questions essentielles. Celle
de savoir ce que représente réellement l'enfant pour un couple, pour un
homme, pour une femme. On ne saurait se contenter, sur ce sujet, du
désir des parents. Un enfant n'est pas un jouet. Il est important de
réfléchir aussi - surtout, disent certains - au devenir de cet enfant
du désir, qui va naître sans père biologique ; parfois même, dans le
cas des mères de substitution, sans mère biologique. Quel sera son
destin d'enfant, d'adolescent, d'adulte ? Comment pourra-t-il
s'installer dans la vie, lui à qui il manquera peut-être l'essentiel.
Certes, nous venons de le voir, notre morale n'est pas universelle.
Bien des civilisations ne tiennent guère compte de la biologie et ne
considèrent que l'aspect social de la parenté et de la famille. Mais
nous vivons dans une civilisation où la loi et la morale se rejoignent
pour considérer l'enfant comme le fruit de l'amour d'un homme et d'une
femme. Ce n'est pas nécessairement faire preuve d'un conservatisme
démodé que de croire en cette conjugaison qui, si elle n'est plus
absolument indispensable sur le terrain de la biologie, reste
essentielle pour l'avenir psychologique de l'enfant.
L'un des principaux risques des méthodes révolutionnaires qui se
développent est de déshumaniser et la conception est la notion même de
l'être humain - qu'il s'agisse de l'embryon, manipulé, congelé,
rétrocédé, ou de l'enfant auquel on impose une parenté imprévue, pleine
de dangers. L'enfant tend à devenir une chose, un objet, sur lequel on
agit, que l'on transforme - que, demain, peut-être, on vendra.
On peut s'inquiéter de cette "médecine du désir" que les spécialistes
pratiquent, parfois sans enthousiasme, sur des biens portants dont le
seul mal est un mal d'enfant. Les moralistes s'en inquiètent à juste
titre et se demandent si ce désir est entièrement justifié et s'il
faut, pour la satisfaction de quelques-uns, mettre en oeuvre des
techniques qui risquent de bouleverser ce qu'il y a d'essentiel dans
l'homme.
Mgr Lustiger, archevêque de Paris, déplore ainsi de voir l'enfant
ramené à cet objet de désir. "Nous allons vers des temps terribles,
dit-il, où il faudra que les hommes et les femmes aient beaucoup de
courage pour sauver la dignité humaine". François Mitterand, ancien
président de la République Française, indique, de son côté, en
installant le Comité national d'éthique, que "plus vite va le monde,
plus nous devons prendre le temps de la mesure, le temps de l'échange
et de la réflexion, c'est-à-dire le temps même de la morale".
voilà |
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